Pascal Depresle -Parce que les certitudes ….

J’ai autant de peine à lire qu’à écrire en cette période de non-confinement pour moi.
Je ne sais pas à quoi c’est dû, sans doute une vieille peur de la mort qui traîne au fond de moi mais qui, pour une fois, n’atteint pas le moral.
Elle existe en moi depuis si longtemps que je sais la reconnaître, mais sans doute a-t-elle semé mille petites craintes, mille petites peurs, mille petites traces qui m’empêchent de publier autre chose que des conneries, hormis des rediffusions.
Bon, j’admets, on s’en fout un peu, comme la mort d’un type à l’autre bout de la planète qui se ferait écraser par un train, parce qu’il n’avait qu’un œil valable, et donc un seul angle de vue.
Ce doit être ça.
Je dois être désormais porteur sain de la trouille noire, donc asymptomatique pour le moment, et en même temps victime d’une seule vision, celle qu’on veut bien nous donner, parce qu’on n’en connaît pas d’autre, et qui apporte beaucoup plus de questions que de réponses.
J’allais écrire certitudes, mais il n’y a que la mort qui en soit vraiment une. Et encore, à mon âge j’espère encore être le premier à passer à travers. Comme beaucoup d’autres avec moi.
Je me suis fait écraser par ma propre réalité, c’est dire le carnage.
Tiens, tu vois, ce qui aurait eu de la gueule, c’est que le palindrome en soit un lui même. Je sais que ça n’a aucune importance, ni aucun rapport, mais je trouve ça dommage, on aurait sans doute pu atteindre une sorte de nirvana lexical, même avec un seul mot.
Parce que lexical, ça ne signifie pas vraiment ça, mais j’avais envie de l’écrire. J’aime bien lexical.
Tout comme planning, qui prend deux « n » uniquement sous cette forme.
Tu peux essayer toutes les autres, c’est comme ça comme on dit aux gosses et aux vieux.
Pour quoi faire au fond ?
Sinon le renard est venu me piquer une poule de plus, j’ai repéré sa coulée, je réserve mes actions futures peut-être à sa capture, on verra. Pu… ce n’était qu’un cauchemar. Comme par hasard, ça et les conneries, j’arrive à les écrire, Mais ça s’arrête là.
Sans doute cette vieille peur de la camarde qui serait venue essaimer de petits groupes de travailleuses noires que ma Reine me refuse.
Courte ou longue portée, mes mots n’ont pas de sens, pas de giratoire, ils se croisent non masqués et se crachent à la gueule. Rien n’en sort.
Sauf cette petite diarrhée verbale sans aucune sorte d’intérêt. J’avais écrit  » vergale  » sans le faire exprès. Même si cela n’existe pas, j’imagine bien quelle partie de mon corps crie en silence.
Quoi que, tu sais, c’est plus le cœur qui gueule, le reste suit, parfois le précède. Mais n’agit pas en tant que tel de sa propre volonté.
Sentiment étrange de ne plus appartenir à rien. Comme si j’avais pu voir le visage de dieu, mais en ayant à l’instant même perdu toute faculté pour pouvoir le décrire. C’était la condition.
Le fou se déplace toujours en diagonale. Sauf en cas de force majeur, voire mineure.
Ou s’il retrouve la raison. Parfois l’oraison. Je pars pour une longue tangente.
Preuve qu’il me manque le goût, si ce n’est celui de me confiner deux jours par semaine sur mes petites terres de Combrailles, et de penser, illusoirement, que rien ne pourra m’y arriver.
Sauf à compter mes poules ou à me transformer en pion. Sale temps pour les choupettes.
Mais sale temps tout court. Un coup à attraper la mort aurait dit ma grand-mère que je croyais immortelle.
On revient à la diagonale.
Celle qui se pose sur une case au-delà de la ligne d’horizon. Celle qu’on ne peut pas voir.
Existe-t-il un avenir après le soleil ? Faut que je trouve une cage à renards pour le déménager.
Vivant. J’ose pas demander à dieu des fois qu’ils n’accuse pas réception.
De peur de le faire exister ? Je ne sais pas.
J’irai fait un tour sur le net. Manège sans queue du Mickey. Ou alors le Mickey, c’est moi.
C’est bien la seule explication.
Je rêvais du futur en couleurs mais il ne vient plus non plus.
J’ai pas écrit certitude. Parce que les certitudes ….

Les Combrailles

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