Pascal Depresle – Je vis dans l’intervalle

Je vis dans l’intervalle
Qui sépare les jours
Des nuits pas encore sombres
Qu’on murmure de songes
Pour les rendre acceptables
Pour valider la nuit qu’il reste
À mâcher ses vieux cauchemars
D’envies d’être moins con
En bulle collante de gomme
Qui fait rire les mômes
Entre les interstices des tours
Les morceaux de bois arrachés
Des volets
Je décoche des flèches et des cases
Me sent soudain altier dans mon port
Marée basse
Des souffrances infligées
Quand il faudrait
Caresses aux serres douces
Mais elles sont de fer
Qui déchirent les chairs
Se repaissent souffrances
Je erre
D’air en aire sans en avoir le nid
Il faut que l’agonie soit longue
Et sans billet de retour
Les mains aux mâchoires magnétiques
M’ingèrent dans leur matrice
Jalousie sous-jacente d’algorithmes
Anti-matière aux reflets d’opaline
Je cristallise et brise
Dépouille puis mendie
Ma dose de jalousie
Ma dose pour la nuit
D’avoir été déchu si mal au bal des anges
Quand je dansais encore
Au bord du précipice
Entre étoffes de sang
Les pieds nus arrachés
Aux plantes des rochers
Maudit sois-tu
Et quel que soit ton nom
Toi qui me rendis tel
Rien qu’en statue de lave
Qu’on dirait endormie
Je suis le feu soudain
Qui détruit ceux qui passent
Quand ils posent

Amoureux –
Leurs mains qui se détachent
Et me laissent une trace
De leur brûlure

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