Pascal Depresle -Le jour parfois se lève pour baffer fort la nuit

Horizons verticaux
Porteurs d’ombres
Qui s’arrachent la peau en hurlant les voilà
Juste là
Mises en terre
Derrière la porte
Derrière les bottes
Que je voulais entendre
Chanter jusqu’au bout de tes pieds
Qui creusent
Immobiles tremblements
Les lézardes de nos futurs.

Demain il restera
Au bout de nos yeux catastrophes
Des regrets
Des remords
Des absences de trains en gare
Vapeurs d’oublis
Chichas à barres de béton
Qui s’observent.

Nul n’a le droit de tuer son prochain –
C’est ce qu’ils disent
Putain de morale
A deux balles
A deux verres
Le blanc immaculé des liturgies sans chorégraphes
Il s’en fallut de peu
Que la Terre ne bouge
Un peu.

Demain nous reviendrons
Pêcher nos repentir dans des eaux temps troublées
Ponce-Pilate indigne
De ton hydro-alcool
En intraveineuses.

Le jour parfois se lève pour baffer fort la nuit

Si fort
Qu’elle en pleure
Des larmes de rosée
Petit matin brumeux
Des lames de rosé
Petit matin bafoué
Crasseux
A vouloir espérer qu’il n’y ait plus d’espoir.

Le miroir est un prisme qui renvoie le désir de ce qu’on souhaite y voir –
Ta tour est dégueulasse
Ta cour est pleine
Plus personne n’y jette rien
Pas même un dévolu
Mais tu continues
A faire comme si les yeux crevés
Tu ne voyais désormais plus
Les errances
Les partances
Et les rails qui n’arrivent à l’heure qu’au fond des veines.
Le chien rentrait son maître bien avant tes départs.

Photo de Andrew Beatson
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