Janine Martin Sacriste -Ma ville, c’est d’abord un fleuve,

Ma ville, c’est d’abord un fleuve,
vert et doux,
avec de longs cils de baudet du Poitou.
Après s’être repu de grasses prairies,
s’être enivré de liqueur, il part comme un jeune fou se jeter dans la mer
à Rochefort
dans une éjaculation visqueuse.
François 1er disait de lui : c’est la plus belle rivière de mon royaume !
Il l’aimait au féminin, moi je préfère ma Charente plus virile.
Ma ville, c’est une longue histoire… de France pour le passé,
de province pour mon présent.
C’est une procession de toits d’ardoises pour les beaux châteaux des célèbres négociants en eaux-de-vie
puis une suite de toits en tuiles roses ou oranges pour les demeures plus modestes.
Elle et moi nous sommes souvent quittées, souvent fâchées, jamais oubliées.
Désertée par sa jeunesse,
un peu courtisée l’été pour ses jupons luxueusement parfumés,
honteusement oubliée le reste de l’année, car qui aimerait coucher auprès d’une Princesse endormie ?
Telle est Cognac qui vit dans ses grands souvenirs et ses petits rêves étriqués.
Reste mon beau fleuve immuable… dans lequel je renais chaque printemps.
Janine Martin-Sacriste

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