Henri Baron – VOLUTES

Gris
blond
brun
gauloise bien roulée ou caporal en pétard océbé mouillé
à bourrer la pipe sans chiqué
oriental à narguilé
à mégoter les dents jaunies
le poil roussi
sur les goudrons de l’herbe à nicot
à enfumer comme un boucanier
sa viande au chanvre indien
à tuyauter comme un plombier
clopin-clopant avec ou sans canne
à crapoter comme un poulbot
qui se dépucèle à la clope

Je n’inhale pas ma latte
je charbonne au stand de merguez
à la manif’ du premier mai
sous les fumigènes du virage des ultras
avec le premier pompier revenu
des landes carbonisées
à vider la cartouche de désenfumage
ne m’oblige pas à vapoter
je préfère
ma blonde crabogène
ma dromadaire à désertifier les villes
à remplir les cimetières
et même entre les lèvres
de ta fosse commune
la che noire est bien plus belle
qu’un godet de synthèse

quand j’aurai grillé
mes dernières cartouches
tu me commanderas une bière
j’insulterai dans un râle gras
les traîtrises du temps
je partirai en fumée
à battre le briquet
en nicophile apothéose
à la grâce de mes gitanes
et de ma fée Nicotine
qui dansent sans filtre
sur les cendres encore chaudes
d’un grand feu de rafles

Je reprendrai bien une taffe
ce n’est pas une blague

Autobiopoèmes, Les couleurs de l’Hadès

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