Histoire et civilisations : Les mystérieuses pyramides oubliées de Caral (Pérou ) par Carmen Montet


Les pyramides oubliées de Caral-Pérou

Une découverte de taille : la ville mère

 » Caral est la ville mère  » du nouveau monde  située dans la cordillère des Andes. La découverte de la plus grande pyramide du monde qui fait la surface 15 terrains de foot, donne une idée de l’importance de cette découverte assez récente ( 1994).Le site  s’étends sur plus de 600 hectares 

Caral  a été construit il y a 5000 ans ! C’est un site gigantesque comprenant 8 cités découvert en 1994. Certains édifices sont toujours enfouis dans le sable ! Puisant sa source au XXXe siècle avant J-C, la civilisation dite de Caral, aussi appelée de Norte Chico,  est considérée comme la plus ancienne du continent américain.

Etablie sur la côte Pacifique, au pied de la Cordillère des Andes, sur l’actuel Pérou, elle doit son nom à un site archéologique important situé à 180 kilomètres au nord de Lima. Postérieure à la civilisation de Sumer (4.000 à 3.000 av. JC), contemporaine de la construction des grandes pyramides d’Egypte, la civilisation de Caral précède les Olmèques (1.200 à 500 av. JC).

les pyramides se trouvent à environ 200 kilomètres de Lima.

La civilisation de Caral a prospéré entre 3000 et 1800 av. J.-C., en même temps que la culture Valdivia, en Équateur. La société complexe de Caral émergea juste un millénaire après les sumériens et fut contemporaine des pyramides d’Egypte ; elle précéda les mésoaméricains Olmèques de près de deux millénaires.

Caractéristiques de cette civilisation

1)Une société de bâtisseurs 

Bien qu’il fussent ignorants de la céramique et de la poterie les habitants de Caral fabriquaient de mystérieuses statuettes

Caral est donc une culture pré-céramique de l’Archaïque tardif précolombien ; on n’y retrouve aucune céramique et, selon les traces archéologiques, elle semble avoir été largement dépourvue de réalisations artistiques. La plus impressionnante réalisation de cette civilisation est son architecture monumentale, comprenant des plateformes surélevées et des places circulaires creuses. Des traces archéologiques suggèrent une possible maîtrise du textile ainsi qu’un culte lié à des symboles divins, deux éléments récurrents des cultures précolombiennes.

Une forme complexe de gouvernement semble avoir été mis en place pour diriger la société, mais des questions restent en suspens concernant son organisation et, en particulier, l’impact de la gestion des ressources vivrières sur la politique.

Caral a construit des pyramides, qui se dressent sur une surface de 65.000 mètres carrés et dont la plus grande mesure à sa base 150 x 160 mètres pour une hauteur de 18 mètres, le sommet étant plat et recouvert d’un amphithéâtre dont les gradins peuvent contenir plusieurs centaines de personnes. La population, estimée à une dizaine de milliers de personnes.

En 2015, des chercheurs découvrent, sur le site archéologique de Vichama  11° 01′ 36,854″ S, 77° 38′ 06,025″ O, des statuettes de boue peintes représentant des figurines humaines. Leur âge est estimé à 3800 ans. Ces statuettes ont été découvertes dans un panier de roseaux attachés avec des fils de coton.  

2)Une société pacifique

Sur près de 1000 ans d’histoire, ils ont bâti un large site consistant en six pyramides, un amphithéâtre, un temple et plusieurs habitations dans la plateforme laissée vierge au centre des pyramides. Les archéologues n’ont trouvé trace d’aucune fortification  ni d’aucune arme.

3) Une société du troc sans richesse « 

La société de Caral a prospéré autour d’une économie de commerce complexe, axée sur le troc avec les pêcheurs de la côte avec lesquelles ils échangeaient des filets de pêche tissés avec le coton qu’ils produisaient contre du poisson 

Cette civilisation maîtrisait la fabrication du textile, des drogues, et peut-être même de différents aphrodisiaques.

4) la musique omniprésente

. Des vestiges de flûte en os et de coquillesd’escargot utilisées dans la fabrication de colliers ont été retrouvés sur le site ; cependant ce genre de marchandise ne pouvait provenir de cette région et venait donc du commerce effectué avec d’autres parties du continent.

Les flûtes sont en os de condor. Elles démontrent un intérêt pour la musique et les rituels de la part des membres de la civilisation de Caral. Ces flûtes reflètent également une partie importante de leurs vies, soit le commerce qu’ils faisaient à grande échelle. En effet, les flûtes sont sculptées dans des os de condor et proviennent de la forêt amazonienne 

5) une société ingénieuse et agricole

L’aménagement de canaux provenant de rivières permettait l’agriculture : et nombreuses rivières descendant des Andes vers la mer passant par le site créaient une oasis propice à l’agriculture. Les aliments cultivés étaient notamment les haricots, les courges et les patates douces. De plus, ils cultivaient le coton, mais ne maîtrisaient pas l’élevage de bétail  Le coton avait une importance toute particulière puisqu’il servait non seulement à la confection de vêtement, mais était aussi un élément important du troc qu’ils pratiquaient à plus de 300 km à la ronde.

Disparition de cette grande civilisation :

Une des plus anciennes, mais aussi des plus imposantes civilisations d’Amérique, a donc disparu brutalement il y a 3.600 ans.  

L’âge d’or de Caral a duré largement plus d’un millénaire, jusqu’aux environs du 18e siècle avant notre ère. Il n’a pourtant fallu que quelques générations pour qu’elle disparaisse… Rien, sur le terrain, ne fait penser à un massacre ou à une quelconque violence de la part d’un peuple n’ayant apparemment jamais construit d’armes de guerre. Pour les scientifiques ils s’agirait plutôt d’une disparition liée à de terribles tremblements de terre et du phénomène météorologique El Niño. La disparition d’une civilisation aussi prospère s’est étalée sur un siècle soit entre 1900 et1800 av JC.

La science explique cette soudaine disparition

La solution de l’énigme vient peut-être d’être apportée grâce à une étude conduite par une équipe de recherche de l’université de Floride et de l’Institut des changements climatiques de l’université de Maine, récemment publiés dans les Annales de l’Académie américaine des Sciences (AAAS).

Pour Mike Mosseley, l’un des auteurs de cette étude, l’extinction de cette civilisation aurait été provoquée par l’action conjuguée d’un violent tremblement de terre et du phénomène météorologique El Niño. Selon le chercheur, Caral se situe à proximité de la zone de friction entre deux importantes plaques tectoniques, ce qui en fait une des zones les plus sismiques de la planète.

1) les tremblements de terre

Le site étant situé à la rencontre de deux plaques tectoniques les tremblements de terre sont chose courante et ce tant à l’époque que maintenant, selon l’archéologue Ruth Shady.La population s’en accommodant facilement, réparant fissure et autre dommage apporté aux structures.

Sur les bâtiments, des traces de réparation de fissures dues à d’anciens tremblements de terre sont visibles, tandis que les dernières fissures avant la disparition du peuple de Caral n’ont pas été réparées, ce qui permet de mesurer l’ampleur des dégâts causés

Des tremblements de terre d’une puissance minimum de 7 sur l’échelle de Richter, accompagné du dérèglement climatique » El Niño « ont entrainé la déchéance de ce peuple

Il y a environ 3.600 ans, un important séisme de magnitude 8 ou même plus a non seulement entraîné la destruction d’une bonne partie des constructions intégrées aux pyramides, mais a aussi déstabilisé la chaîne de montagnes qui domine la vallée, entraînant l’accumulation d’éboulis en contrebas.

2 )  »  El Nino « 

Souvent associé à un courant marin, le terme « El Niño  » représente en réalité un phénomène climatique caractérisé par une augmentation anormale de la température des eaux du Pacifique-Est, le long des côtes de l’Amérique du Sud. Un bouleversement régional qui a de graves répercussions jusqu’à l’autre bout du monde.

El Niño étant déclenché par un réchauffement de l’océan près des côtes péruviennes, là où se trouvaient des courants froids. Le mélange de chaud et froid entrainant des pluies très intenses, la disparition de nombreuses sortes de poissons pendant la période du dérèglement et des glissements de terrain. Ce dérèglement climatique laisse également des traces sur les coraux environnant ce qui permet de dater et d’affirmer la présence de ce phénomène climatique à ce moment-là. L’eau des pluies entrainant les éboulements causés par les tremblements de terre bouchant les rivières et détruisant certaines constructions.

A la suite de l’épisode El Niño, d’abondantes pluies saisonnières ont inondé les régions côtières du Pérou, lessivant les débris rocheux en les entraînant vers l’océan dont les marées les ont ensuite rejetés sur les côtes, formant ce qui est devenu aujourd’hui une grande crête de sable nommée Medio Mundo. Isolées, les baies ouvrant autrefois accès à la mer se sont ensablées, ruinant les systèmes d’irrigation et les vastes étendues agricoles faisant vivre toute la civilisation de Caral.

3) Le sable a tout recouvert

Par la suite, le sable ayant recouvert le tout, les structures ont été préservées des secousses sismiques suivantes et sont donc dans l’état où les habitants les ont laissées.

Le vent a causé également par ce dérèglement entraîna le sable du littoral et couvrit les terres agricoles, détruisant tous les efforts de survie de ce peuple.

Conséquences

Privée de ses ressources, la population s’est alors mise à décroître puis s’est complètement éteinte en l’espace de quelques générations.

« La fin de cette civilisation pourrait servir de conte moral pour notre époque, notamment en ce qui concerne les effets du phénomène El Niño sur le climat », conclut Mike Mosseley.

Les mystères de Caral

1) la ville la plus vieille du nouveau monde 

 » Caral la cité mère  » est âgée d’environ 5 000 ans ! ce qui fait d’elle la plus vielle ville du monde !

La civilisation qui a construit Caral reste mystérieuse et se révèle être la première de son genre la plus développée et pourrait bien être aux origines des cités postérieures qui ont marqué de leurs noms l’Amérique du Sud, selon les archéologues.

2) Des technologies remarquables :

En effet Caral  est une cité qui date d’il y a plusieurs milliers d’années, qui a utilisé  des techniques architecturales exceptionnelles pour sa conception. D’ailleurs, la structure de cette cité n’a été pleinement mise en évidence que vers la fin des années 1990 et il reste beaucoup de choses à découvrir concernant cette ville.

3) quelle était l’origine de ses habitants ? nul ne le sait !

Le mystère entourant Caral est jusqu’à maintenant encore entier, que ce soit sur l’origine des habitants, la raison pour laquelle les colonies de peuplements tribaux ont décidé de s’installer en formant la première ville, entre autres. Des vestiges encore plus  anciens de Caral resteraient encore enfouis dans les sables !

4) Les mystérieuses statuettes de Caral

Toutes ont la bouche ouverte avec des cheveux longs masculines et féminines allant par deux comme des paires des couples

5) découverte de géoglyphes : alignement de pierres

Deux aviateurs chercheurs survolant le site ont remarqué des alignements de pierres : des géoglyphes. Les archéologues accompagnés d’un chamane et des deux « aviateurs » ont parcouru les lieux en voiture et après des heures de recherche ont trouvé ces géoglyphes. Serait -ce l’emplacement du cimetière recherché depuis des décennies par les archéologues et les scientifiques ?

Conclusion 

Le site de Caral est considéré comme l’un des six berceaux de l’humanité, parmi les plus anciens découverts sur la planète  à ce jour. Il est inscrit au patrimoine mondiale de l’Humanité.

Ses  fouilles et recherches passionnent bon nombre d’amateurs et de spécialistes et sont la fierté  des autochtones qui éprouvent face à ces découvertes primordiales un sentiment de grandeur d’  être les descendants , les héritiers de la grande Caral, première cité de l’humanité.

Des fêtes sont organisées chaque année en l’honneur de la cité de Caral. Les Chamanes sont présents au quotidien lors des fouilles  et des recherches (géoglyphes). ils sont les représentants du  » sacré  » . 

Sources

  • wikipédia Andean Urbanism », dans : Helaine Silverman et William Isbell, Handbook of South American Archaeology, Springer, 2008. 
  •  William J. Duiker et Jackson J. Spielvogel, World History: Volume I: To 1800, Wadsworth, 2006. 
  •  Jean-François Bouchard, André Delpuech, Danièle Lavallée, Dominique Legoupil et Stéphen Rostain « Précolombiens — Amérique du Sud », Encyclopædia Universalis,  lire en ligne
  • Albert Garcia, La découverte et la conquête du Pérou : d’après les sources originales, Paris, Klincksieck, 1975, 777 p.
  • « Pérou : géographie physique » (s.d.) Encyclopédie Larousse, lire en ligne

Sources futurasciences

 » Des ailes pour la science  » – YouTube vidéo Clémentine et Adrien survolent le site archéologique de Caral Supe

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