On ne guérit jamais
Des maux de son enfance
C’est juste la vie qui fait
Que moins on y repense
La femme qui partageait ma solitude
N’aura jamais le goût de mes larmes
C’est bien la seule certitude
Qu’on vit, qu’on meurt sans arme
On ne guérit jamais
Des images de gosses
Avec ou sans tabouret
Pour regarder nos bosses
Tiens fort ma main même si je m’enfuis
La serrer sera mon chant du cygne
Portant ta robe noire de vesprée
Entre chemin de pampres et vignes
Pourtant je sais que parfois
Le ciel fourbu se couche encore
Je souris de le voir là
J’aime son équilibre aux aurores
Pour que retournent à mon enfance
Les petites souris des oreillers
La douceur d’une récompense
De n’avoir pas trop pleuré
Alors je ferme un moment les yeux
Pour y faire entrer la brume
Pour danser des pas de deux
Aux éclairs de brune
Les solitudes sont des vies entières
Qui ne regardent pas le temps
Elles sont parfois meurtrières
Ou simples traces de dents
Mais même si s’allongent les lieues
Et qu’on s’en retourne au passé
Comme les sourires des vieux
Aux chemins édentés
Il nous reste la lumière du jour
Pour strier les persiennes
Il nous reste qui sait combien de jours
Pour mieux panser ces anciennes
Cicatrices au fond restées ancrées
Quand on les croyait mortes
Te Deum et enterrées
Dans tes bras cataphotes

Séduction
Aquarelle