Clairette et Bartholomé, le coup de coeur musical de Pierre Thevenin

LE TRAQUENARD

L’enfant de l’homme éléphant

Valse du calembour

Il a tuer le respect

Danger de mort

Herpès

Landerneau

HoroscoP 21

Rappeur de carottes

La Chanson de Sacha le Chat Sage

Les contes de l’apéro

Le pingouin

Vie

L’ultime Vérititude

Elle, c’est Clairette, lui, c’est Bartholomé. Ils sont frère et sœur. Pour leur album et aussi en live, ils s’adjoignent les services d’autres musiciens (sauf pour « Vie » : je m’en explique un peu plus bas). À la fin, je vous indiquerai les noms de ces instrumentistes, tous plus talentueux les uns que les autres.

C’est peu dire que les textes sont remarquables, inventifs, drôles (à l’exception de « Vie » qui a décidément une place à part), politiquement incorrects (souvent) ; je n’aime pas dire « engagés » : Sardou aussi, c’est engagé ! Clairette et son frangin les écrivent à quatre mains .

Pour la composition, à part la musique de « Rappeur de carottes » que l’on doit à Benjamin Ramon (on retrouve celui-ci à la guitare, au banjo et aux arrangements), c’est Bartholomé qui s’y colle : lui aussi est multi-instrumentiste (guitare, basse, claviers, trombone) et arrangeur.

Les musiques rappent (celui des carottes), valsent à l’ancienne, avec l’accordéon de François Marnier (« Valse du calembour »), se coulent dans un swing endiablé façon années 60, avec le « Yeah » de rigueur pour débuter (« Danger de mort ») ou en appellent à notre Sétois préféré (« Vie », qui décidément se démarque du reste : j’en reparlerai à la fin), avec le dépouillement instrumental de rigueur : une pompe aussi somptueuse qu’émouvante à la guitare assurée par le seul Bartholomé. J’ai cherché une mélodie brassénienne qu’ils auraient reprise. Je n’en ai pas trouvé. Il y a l’esprit, pas la note. Du grand art !

Un mot sur les voix : une diction et une harmonie parfaites (bon sang ne saurait faillir) et si, quelquefois, on arrive difficilement à tout saisir, c’est qu’ils accélèrent le tempo et l’on ne peut que s’en féliciter parce qu’on ne cesse de découvrir de nouvelles trouvailles au fil des écoutes.

Les textes : notre duo joue avec les mots, avec les sonorités (n’hésitant pas à pratiquer le « jeu de la queue » dont l’ambiguïté arrachera un sourire aux seuls ados boutonneux : « j’en ai marre … à bout d’ficelle … de ch’val …: voilà de quoi il s’agit, eux ne se contentant que d’un ajout à chaque fois) : un authentique festival, une célébration du langage . Parfois, c’est gratuit, juste pour le fun ; ailleurs, il (le duo) pousse, tempérés (ou accentués, c’est selon votre sensibilité) par l’humour, de salutaires coups de gueule.

Le titre d’ouverture est une scène, pas de ménage puisque nous avons affaire à une fratrie, qui donne le ton :

« T’aurais pas vu ma liberté d’expression ? …

J’suis sûr qu’elle est dans tes affaires …

J’te dis que j’lai pas vue, là, tu vois pas que je suis occupée ?

Va jouer ailleurs …

-Hé mais tu crois savoir chanter

Alors que si je désactive l’auto tune,

On n’entend plus qu’un chien blessé

En train de hurler à la lune ».

Et puis voilà que la mémoire lui revient et Clairette n’y est absolument pour rien :

« C’est le gouvernement qui me l’a confisquée »

Je citerai encore la fin :

« Bah non on sort pas on n’a pas le droit, il est 18 heures .

Bien sûr, le couvre-feu ! Comme ils n’ont sans doute pas connu l’Occupation (même votre serviteur n’y était pas), il n’est pas difficile de dater l’écriture de cette chanson.

Loin de moi l’intention de passer en revue les 13 titres de l’album. Je vais simplement tâcher de vous mettre l’eau à la bouche en vous offrant quelques perles.

Il y a, je l’écrivais plus haut, des propos sans autre intention que l’effet comique, comme dans « Les contes de l’apéro » (« Dès pochtron minet ») ou dans « La chanson de Sacha le Chat Sage » (le titre suffira comme exemple) où tous les deux se livrent à un exercice vocal acrobatique époustouflant.

Et puis, dans le prolongement de la chanson d’ouverture, les textes critiques sur l’actualité :

Dans « Horoscop 21 « , après une introduction de Laurent Fabius que vous connaissez tous (pas seulement le bonhomme mais la phrase), ils passent en revue, à leur manière, les signes du zodiaque :

« Cancer :

T’as tiré le gros lot

Le tien c’est pour bientôt

C’est offert par Monsanto ».

Tout commentaire serait superflu.

Ils ajoutent même deux signes astrologiques:

« Mercure a grimpé …

Et on l’a tous dans l’Uranus ».

La dernière chanson fait écho à la première et à cet « Horoscop 21 », avec un charmant néologisme :

« L’ultime vérititude de ce monde moribond,

C’est que rien ne ruisselle d’autre que la sueur sur nos fronts ».

Ce fameux ruissellement cher à Jupiter et à son larbin Le Maire qui prétend ignorer ce que l’on entend par superprofits .

Je m’en voudrais de ne pas ajouter quelques lignes sur « Vie », d’autant que je vous l’ai promis. Une chanson qui se démarque des autres parce qu’empreinte de mélancolie : les jeux de mots, là encore présents, sonnent plus grave et le jeu de guitare, évoqué au début, contribue largement à cette atmosphère que l’on ne trouve pas ailleurs dans cet album :

« La vie c’est comme les cheveux : parfois c’est trop court,

Comme un vélo, on peut crever à tout moment,

Partir les pieds devant, un jour, sans retour,

Parfois le temps file aussi vite qu’une paire de collants … »

Et puis le refrain :

« Vie, c’est un joli mot,

Il est un peu trop court

Et l’on s’en va bientôt (la dernière reprise : « Et je m’en vais bientôt ».

On connaît « un genre de macchabée », là-haut, qui doit se pourlécher la moustache en entendant ça.

Et puis liste promise, liste due : ci-dessous le nom des musiciens qui ont prêté main forte à ce « Traquenard » :

Elaine Beaumont : contrebasse

Garry Bensadoun : batterie

Grégoire Devaux : trombone

Noémie Le Borgne : violon

Olivier Lennes : orgue Hammond

François Marnier : accordéon

Florent Montfort : saxophone ténor et alto

Camille Petit : Wurlitzer, Fender Rhodes

Benjamin Ramon : guitare, banjo, arrangements

Jérémie Sananès : basse

Joël Smolikowski : piano

choeurs : Léa Litalien, Charlotte Cossé, Florent Montfort, Ella Barthomier, François Marnier

Pour vous procurer cet opus, rien de plus simple : cliquez sur le lien : https://letraquenard.bandcamp.com/album/le-traquenard-chef-doeuvre

La fin de ce lien n’a rien d’exagéré !

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