Marion Lubreac – Il prie l’innommable…

Sur la planète dévastée
où toute vie a disparu,
où toute fleur a fini par rentrer sous terre,
ses longs doigts gercés ramassent,
un par un,
les éclats translucides et cassants
des longues paupières brisées
de celui qui n’a pas su la regarder.
Peaux flasques et glacées,
mornes récoltes hivernales…
Elle amasse les rancœurs,
refoule d’oppressants sanglots.
Lentement, son cœur s’opacifie.
Elle plante des cils de givre
entre les tombes glacées d’effroi,
frêles couches
des amoureuses mortes aux lèvres bleuies,
pour que germent,
peut-être,
de sombres pupilles
aux miroirs voilés de lourds lambeaux, tels des lacs assombris d’horreur.
Souillés de glacis sanglants,
ses tristes et pâles oripeaux
reflètent les menaces d’un ciel de plomb.
Lui,
il rêve de lune métallique,
Creuse à plein moignons
d’inlassables pardons inutiles.
Ses grands yeux crevés
ont été jetés aux poissons.
Son regard d’aveugle recule à tâtons.
Il prie l’innommable…

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