Gilles Compagnon – l’osé roulis de la nuit

L’amour beugle
sous les troènes
du coin de ma rue
ce soir
à vingt-et-une heures
Ça crie, ça hurle, ça siffle
ça miaule pointu
en dents de scie…
Ça rage rauque
sous la futaie !
Un viol subtilement
organisé
se comporte racle-gorge
en tout honneur
et tout consentement
avec la grâce
la courbette agile
vibrisses alertées,
génuflexion loyale
le rond de dos élevé
les corps désarticulés,
en arc de cercle,
la tête en bas
et les queues hérissées
et le jet de gamètes
sans tort ni travers…
L’amour ludique
des chats errants
dans le majestueux
du phrasé cérémonial.
La rencontre prévisible
tassée loin de tout
dans le fourré de verdure.
L’odeur d’acide félin
tout à fait remarquable,
le rituel criard
des odieux amoureux
et son hardiesse jubilatoire,
ses préliminaires assidues
au grand jour,
jusqu’à la naissance licite
de l’osé roulis de la nuit…

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