Les gendarmes – Gilles Compagnon

Ils se baladent par deux
l’un avance l’autre recule
Ils sont ainsi soudés
naviguant sans sifflet
sur les frêles feuilles
de mes radis

Les gendarmes

à cheval, en amazone
sur leur selle montée
ou à quatre pattes
sur la planche verte
légèrement jaunie
d’amarantes.

Les gendarmes,

ils vaquent en procession
sur le semis de carottes
manifestent une certaine désapprobation
à piquer de leurs épées
bien affûtées
les jeunes pousses de blettes
et les nouveaux pieds,
répliques à peine repiquées
de mes cabuts violets…

Les gendarmes

j’ai promis et tiendrai promesse,
vais les bombarder de mes canons à eaux,
de mes remplis ras bord arrosoirs,
un de ces soirs !

Les gendarmes

ceux-ci pondent
leurs oeufs partout
multiplient leurs képis tachetés
sous mes laitues
mes chicorées de Vérone
mes batavias paumées
mes reines de mai…

Les gendarmes

on va pas se laisser
submerger par des forces
subversives,
ces armées belligérantes
de ce désordre organisé
qui pullule tous azimuts,

Ces gendarmes,

gangs, meutes, big band, rouge,
vraies racailles, suceurs de sèves,
dans les rocailles fleuries
de roses trémières et de fuchsias,
en bordure
de mon potager…

Putains de gendarmes,

ces pas drôles envahisseurs
sans effets de gyrophares
ne craignent pas
la canicule
au contraire s’en accommodent
pour tout détruire sur leur passage,

Gendarmes
en troupe,

ces têtus du cabochon
malfrats invétérés,
malfaiteurs compulsifs,
tueurs de la nature,

pires
que mildiou et doryphores réunis,

comment s’en débarrasser ?

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