Thierry Mathiasin -Il lui a suffi de voir la couleur de ses yeux…

Il lui a suffi de voir la couleur de ses yeux,
sa chevelure nimbée le soleil
pour que sa bouche coule en cascade,
se répande entre ses jambes en îlots de fougères,
ses mains gantées d’un rêve sur l’idée d’un paysage,
d’un dessin au broux de noix en alvéoles suspendues,
ses seins flottants au-delà des mots,
et d’impossibles saisies
Il a vécu depuis sur le galbe de ses nuits,
touché du doigt l’étoile qui cherchait son lieu pour coucher sa tendresse,
tant de chemins encore pour en souligner la trace,
lever le voile où la forme d’un Nu se retirait déjà,
avec tous les gestes perdus,
et qui s’agrégeaient en d’incroyables grimoires
Il a survécu à son propre vertige,
cherchant dans l’infigurable des images,
une bribe de lumière de ce double entrevu,
la femme pour qui il s’est tant donné dans un bout du monde de ses possibles
L’atelier était ce champ dévasté où planait seule la fleur de son parfum,
le périmètre d’un désir qui a connu ses heures de gloires,
la poussière dont allait se vêtir le temps…

Albert Joseph Pénot 1862 – 1930 


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