Thierry Mathiasin – je n’en reviendrai jamais…

Des corps,
j’ai habité les regards,
dessiné des oiseaux sur la rondeur des seins,
parcouru les voix enfouies sous la peau,
le ciel que la chaleur modèle sur le parfum des lèvres
De l’amour,
j’ai ouvert des chemins dans le lit des rivières,
bu la lumière échappée de la source,
tenu dans mes mains la cadence du paysage
Des plaisirs,
j’ai suivi, haletant, les remous du chant,
hissé sur la cime des heures éblouies,
le vertige d’une longue folie à la lisière d’une nuit offerte
Des fièvres,
j’ai oublié le monde au bout d’un soupir,
Cueilli une étoile dans l’alcôve rougie d’un envol,
embrassé la trace d’une écume derrière un morne dévêtu
De l’orage,
j’ai célébré la condensation des sens,
repris mon souffle entre la chair déliée et la rive de son fruit liquéfié,
précipité ma langue dans le mou de son abandon
Du volcan,
j’ai coulé ma foi d’homme avide,
secoué dans la calebasse de mes hanches,
la terre moulue des soleils fougueux,
dévalé les zones impudiques jusqu’aux entrailles des cris tectoniques
Des jouissances,
j’ai demeuré au-delà des limites,
loué les fleurs écloses dans le souffre,
jouant de leurs pétales comme des secrets assoiffés,
aimé la ruse de leurs cuisses en de vagabondes saisons
Des archipels,
j’ai commémoré la logique du désir,
nommé chaque feuille où perlait ma sueur,
libéré la racine des voluptés furieuses,
gravé dans les jours déraisonnables
ma germination d’îlien indomptable
Des corps,
je n’en reviendrai jamais,
tant que la volubilité de leur sang nourrira la poésie de mes plus indécentes traversées

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