DU PORC A L AIGRE DOUX – Marion Lubréac

Voici venir l’automne. Une époque triste et romantique qui réveille en ma bouche une saveur aigre douce, comme le porc au caramel des restaurants chinois. Qui me rappelle aussi ma première rencontre avec Paulette.

Je faisais le ménage avec soin ce jour-là. J’attendais ma sœur.

Je lui avais préparé méticuleusement une surprise pour son anniversaire. Oh ! Ce n’est pas que Patricia soit des plus maniaques, non. Ni exigeante, non plus. Elle mange peu, et n’importe quoi. Cependant, nous venions tout juste d’emménager dans cette vieille maison que nous avions à peine fini de retaper, et j’avais à cœur que tout soit parfait. J’aime ma sœur, profondément. Nous avons des souvenirs d’enfance solidement ancrés. Tous, hélas, ne sont pas tendres, ni bercés de ces rêves roses qui rythment la vie des petites filles sages.

Toujours est-il qu’en époussetant la salle-à-manger, j’ai rencontré Paulette. Paulette est une araignée. Très grosse, relativement velue, mais très amicale. Je n’avais jamais vu aucune araignée de cette taille. Elle m’a regardée, j’ai tendu la main, et elle est venue gentiment s’installer sur le canapé. Quand Patricia est arrivée, elle a immédiatement été subjuguée par Paulette. L’araignée était installée sur un coussin du salon, elle tricotait. Pat a été fascinée par sa taille impressionnante. Elle ne pouvait plus la quitter des yeux. C’est devenu son animal de compagnie. Elle mange du pâté pour chat. Anormal ? Vous trouvez ? Il faut dire que Pat la nourrit souvent de viande crue. C’est donc devenu un besoin chez elle, ce goût et cette odeur de viande. Depuis, nous ne nous sommes plus quittées. Des années ont passé depuis lors.

Voici l’automne revenu, avec ses fragrances et ses réminiscences. Comme chaque soir, vers dix huit heures trente, j’attends ma sœur. Je pense à elle, je me souviens. J’ai du mal à penser à autre chose. Je me fais du souci pour elle. Pour nous. C’est un peu comme si on n’avait pas de futur.

Il est vrai que j’ai un problème avec ma sœur. Ma jumelle. Et ses étranges habitudes… Ce jour-là, donc, lorsque Patricia est rentrée, j’ai tout de suite senti qu’il se passait quelque chose. Non pas d’inhabituel, mais hélas, de récurrent. Elle déambulait en tous sens dans la pièce. Agitée. Enervée. Troublée. Quand enfin elle pointa les yeux sur moi, son regard était empreint d’une trouble violence teintée de désespoir.

-Claire, me dit-elle, il faut que je te parle.

J’ai ressenti cet étrange vertige d’être à la fois dans sa tête et dans la mienne. Je savais déjà ce qu’elle avait à me dire. Les amours de ma sœur étaient compliquées, très compliquées. Oh… Pas parce qu’elle avait prit le parti d’aimer les femmes, non. Son choix s’expliquait. Notre enfance avait été lourde à porter.

Nous nous assîmes côte-à-côte, prés de notre araignée, qui stridulait doucement. Elle s’effondra en sanglots, m’étreignit à me faire mal, en blottissant son visage au creux de mon épaules.

– S’il-te-plaît, prends-moi contre toi ! J’ai tellement de chagrin ! Je me sens tellement trahie ! Abandonnée ! Pourtant, cette fois-ci, j’y croyais. Elle me semblait différente de toutes les autres.

Des larmes abondantes commencèrent à rouler le long de ses joues.

– Notre histoire d’amour est finie… Elle a voulu me laisser. Elle aussi, elle a voulu partir ! Pourquoi Claire ? Pourquoi toujours moi ? Pourquoi est-ce que personne ne m’aime ? Oh si je ne t’avais pas…Je n’ai vraiment plus le goût à rien tu sais.

-Elle a eu droit au même tarif que les autres, je suppose, murmurai-je, les yeux dans le vague.

– Je n’avais pas le choix, tu le sais bien ! Dit-elle en levant un visage douloureux vers moi. Elle, je l’ai noyée. Elle est au fond du lac. Découpée à la hache et bien lestée, tu peux me croire ! Elle ne reviendra pas d’aussitôt. Que voulais-tu que j’en fasse ? C’était une véritable empoisonneuse, une peste ! Elle non plus n’a pas compris qui j’étais, ni à quel point je pouvais la combler de mon amour inconditionnel. Je ne regrette rien. Elle méritait sa punition. Cela n’est rien du tout face à ma douleur, à moi! A propos, j’ai ramené de l’épaule et du filet, pour ce soir…Tout de même, ma vie est injuste, ajouta-t-elle en baissant la tête. As-tu oublié notre enfance ? Même quand on était petites, c’était toujours toi la préférée de papa ! A toi, les robes blanches, les sourires, les récompenses. A moi les brimades. Et toujours cette phrase : « prends exemple sur ta sœur ! ».

– Tu sais bien le prix que j’ai payé, Pat. J’aurais préféré recevoir ses coups plutôt que ses immondes caresses.

– Je sais, dit-elle à voix basse. Je n’ai pas pu prendre modèle sur toi. Ce démon qui me hante est bien trop présent. Il envahit mon être. On dirait qu’il cherche à s’insinuer en toi maintenant. Depuis qu’on nous a volé notre enfance, je dois les punir tous. Je ne trouverai pas le repos tant que notre vie n’aura pas enfin trouvé la stabilité. Je suis mauvaise, je crois !

– Tu n’es possédée par aucun démon, Pat, tu perds tout contrôle face à l’injustice, à l’abandon, au rejet. Est-ce qu’on y peut quelque chose ? N’avons-nous pas tant souffert ? Est-ce que notre enfance n’a pas scarifié notre vie ? Il y avait de quoi perdre la tête, crois-moi. Je n’ai jamais été un modèle. Je n’ai jamais été meilleure que toi, rétorquais-je. La vie s’est déroulée autrement pour moi, c’est tout. Ce n’est pas de ta faute, personne n’arrive à voir la perle rare que tu es. Nous sommes ce que nous sommes, choisies pour être sacrifiées puis maudites. Rappelle-toi de nos vacances chez grand-mère, à la ferme. Dire qu’on nous y envoyait « pour prendre le bon air !

Je me tus, pensivement. C’est vrai. Voilà exactement pourquoi tout a commencé.

Nous avions cinq ans quand il a commencé à nous terrifier. Un employé agricole de notre grand- mère, un homme retors et cruel, avait pris l’habitude vicieuse et luxurieuse de nous faire peur, très peur. Il trouvait ça amusant. C’était le pire de nos cauchemars. Nous avons eu à subir sa perversité très longtemps. Intimidation. Attouchements, viols, sévices, menaces, terreurs. On aurait voulu qu’il arrête. On aurait préféré mourir. On aurait voulu qu’il meure ! Mais un jour, on avait neuf ans, à l’époque, lasse de plusieurs années d’effroi, Pat l’a fait. Avec une belle précision qu’encore aujourd’hui, je lui envie. Elle s’est saisie de la hache. Cette même hache qu’il utilisait pour nous obliger à nous taire. ­ « Même dans la nuit, pendant que tu dors, pendant qu’ils dorment tous, je viendrai avec ma hache te régler ton compte, si tu ouvres la bouche. Je ne dors jamais moi, princesse. Non ! Jamais je ne dors et je viendrai m’occuper de toi. Toi d’abord et ta sœur ensuite ! » Disait-il à chaque fois… Elle l’a saisie par le manche, froidement. La révolte et la haine pailletaient ses yeux sombres. Elle la lui a abattue en pleine face, de toutes ses forces. Les yeux du monstre ont terriblement louché. Il était tellement étonné ! Il a eu un air idiot, du sang a giclé de son nez, de sa bouche, grande ouverte sur un juron. La lame s’était salement fichée dans son front. Il s’est laissé tomber par terre. Il a été saisi de spasmes, de convulsions grotesques. Il a perdu connaissance. Sa tête déchiquetée avait coché le gros billot de bois. Il s’était pissé dessus mais il n’était pas mort. Sur le coup j’ai eu peur, et j’ai voulu me sauver. Et puis je suis revenue. J’ai bien fermé la porte du hangar. J’ai aidé ma sœur à décoincer la lame de la hache avec mon pied écrasant son front (pourvu qu’il ne se réveille pas ! Pourvu qu’il n’attrape pas mon pied avec ses sales pattes!) et on l’a finalement achevé. Nous n’avons rien dit. On n’avait pas besoin. On ressentait une délivrance, une ivresse, un goût de liberté frénétique. Le cauchemar avait pris fin. Elle était la princesse ensanglantée, la reine de notre nouveau royaume. On a tiré le cadavre dans le champ de maïs planté derrière la grange. On l’a laissé là, à l’abandon. Il pouvait attendre. C’était plus un problème. Y’avait du sang partout. On a léché nos doigts et c’était rudement bon. On s’est lavée à la pompe, nos vêtements étaient restés tous propres.

On a attendu la nuit que la grand- mère dorme. On a travaillé la terre à la pioche, tour-à-tour, et c’était vraiment dur à cause des cailloux, mais on y est arrivées. Puis on a traîné le corps inerte jusqu’à la fosse. On a enterré le monstre sous l’hortensia. C’était lourd et difficile, mais on l’a fait. On aurait bien voulu le dépecer, le transporter par morceaux dans des sacs poubelles mais aucune de nous ne savait comment s’y prendre alors on l’a laissé en entier. Puis on est rentrées calmement, comme d’habitude. On s’est un peu lavées, mais avec répugnance. Ce sang-là, c’était notre parure. On aurait voulu le garder toujours collé, comme un bijou.

Mais on ne voulait pas d’histoire. On n’a rien raconté. Si on avait craqué, et tout avoué, c’est sûr, on nous aurait dit que c’était de notre faute. Voilà. On n’a jamais regretté.

Pour tout le monde, il avait disparu. Personne ne l’aimait, il était chicaneur et chapardeur. Il buvait, se battait. Les gens en ont un peu causé dans le village. On a dit qu’il avait du voler de l’argent et s’enfuir. Et puis les ragots ont cessé. Personne ne tenait à lui. Et ma grand-mère ne tenait guère à sa présence, qu’elle subissait. Ils ont supposé qu’il avait tout quitté, instable comme il était.

De retour de vacances, on a voulu parler à papa et à maman des attouchements qu’on avait subis. On n’a pas eu le temps d’en dire grand-chose ! On nous a vite cloué le bec. Ils nous ont traitées de menteuses, de vicieuses et de petites perverses. Notre père était hors de lui. Maman se taisait. Elle ne nous regardait même pas. Elle est même sortie en nous tournant le dos. Il nous a punies. Sévèrement. Puis, peu- à- peu, je suis devenue sa préférée, surtout quand il s’est mis à boire. « De tout façon, le mal est fait, si au final, t’as pas menti » disait-il, « et moi, c’est parce que je t’aime ». Immonde amour ! Mais on nous a élevée dans le respect. Une soumission absolue. Maman ne voyait rien. Ne disait rien. On n’avait rien à dire. Pourtant, parfois, Pat avait des idées sombres.

– Tu sais, je tuerai aussi papa s’il te sourit encore ainsi. Je ne veux pas qu’il te touche ! disait-elle.

Mais rien ne changeait. C’était ainsi. On a grandi de travers : avec des règles grotesques, des interdits pernicieux, des punitions. Heureusement, nos parents sont morts. On avait rendu les armes depuis longtemps. Notre raison avait vrillé, cédé définitivement.

L’esprit de Patricia est resté profondément marqué par cette violence qui avait pris possession d’elle et se nourrissait de notre vécu. Depuis ce jour-là, une fureur sanguinaire est restée tapie, comme un monstre, au fond de son cœur. Elle n’a jamais supporté les désordres affectifs. Je ne les supporte pas davantage. Nous sommes fragiles. Nous n’étions pas faites pour ça. Aucun enfant n’est prêt à ça. Nous n’avons jamais pu nous débarrasser de toute cette peur de l’homme, cette répulsion profonde, cette panique, cette traque que ces deux hommes ignobles avaient implantée en nous. La terreur que faisait naître ces sexes qu’ils avaient chacun leur tour brandit comme le sceptre du mal était restée comme une fascination. Nous n’avons pas pu assumer. Quelque chose en nous s’est brisé. A muté.

Je me consacre exclusivement à ma sœur. Elle est mon seul amour, mon orgueil, et je l’envie. Pat a besoin de la tendresse et de la douceur d’autres femmes. Même cet amour-là lui est défendu. Rien ne marche vraiment pour elle, affectivement. Quant à moi…Je suis sûrement pire encore. Je cherche, moi, à aller vers la bête pour essayer de la séduire, de la dompter. J’en sors à chaque fois plus meurtrie. On nous prive de sentiments. On nous mutile, on nous musèle, toujours plus avant. On est au cœur d’une sorte de spirale infernale. Pour nous, pas de répit, pas de rédemption.

C’est là que réside tout notre problème. Les gens sont méchants. Ses amies à elle, je veux dire. Mes hommes à moi, mes blessures animales, ça m’est égal au fond. J’ai appris très jeune à les mépriser. A commencer par Dieu, ou plutôt celui qui aurait dû l’incarner sur terre : notre père. Je devrais dire le Diable.

Elle est toujours pleine d’amour et d’enthousiasme, ma sœur, vis- à- vis de ses amies. Tout le temps prête à tout donner, même ce qu’elle n’a pas. Pour ses princesses, comme elle les appelle. Oh ! Comme elle les cajole ! Mais à chaque fois, on se joue d’elle. Elle souffre, beaucoup. Elle a si mal ! Nous ne supportons plus cette douleur. Elle nous étouffe. Elle nous révolte. Il nous revient à chaque fois le goût du péché, ce délice d’autrefois, l’achèvement de notre tortionnaire. Il faut qu’on tue, qu’on fasse cesser cette horreur. Patricia est méticuleuse. Alors elle les élimine, les empoisonne. Elle ne supporte ni les adieux, ni les rejets. Paulette s’occupe des corps.

Ma pauvre Pat ! Et pauvre de moi ! Je me souviens de ce jour où moi, l’aînée, la gardienne de nos secrets, la princesse de nos rêves, moi la sœur compréhensive, l’amie fidèle, je me suis écroulée, lasse d’une blessure de trop. Je m’étais toujours juré de ne pas aimer. Juste simuler. Mais avec celui-là, j’avais été piégée. Cette fois-ci, j’étais tombée éperdument amoureuse. Il était beau comme un Dieu. J’avais cru que ma vie allait enfin s’éclairer. Avec lui, c’était l’Alchimie ! Le bonheur ! Je flottais entre les nuages ! Et puis le chaos. La trahison absolue. La douleur. Atroce. L’inacceptable. Le non racontable. La souillure de trop. Cette fois-là, ça l’a rendue folle. Il n’était pas question de le garder en vie. Il avait blasphémé. Il devait périr comme les autres. C’était la règle. La loi est de mourir.

– Je ne peux pas te protéger, tu le sais. Pas autrement que je ne le fais, à ma façon, me dit-elle. Ne pleure plus. J’ai raison d’agir ainsi, tu le sais bien. Paulette, notre araignée, est de mon côté, du côté de la folie. Paulette dévore les restes de mes pestes pendant que tu pleures. Ne pleure plus ! Je tuerai ton prince sournois au masque de fer. Je ne veux pas que les garçons te regardent. Tu es trop douce, et trop naïve. D’ailleurs. Paulette en fera un pain de viande. Ne vois-tu pas que les tuer est notre seul soulagement ? Me dit- elle en souriant en me serrant contre elle.

Je la regardai alors au plus profond des yeux, mes doigts entrelaçant les siens.

Laisse-moi le faire, cette fois-ci Pat. Apprends-moi. Je veux qu’il paie, une bonne fois, pour tous les autres. Pour tous ces viols que j’ai eu à subir, pour tous ceux qui ont essayé de souiller mon âme.

Elle me regarda intensément, comme si elle me voyait pour la première fois. Et c’est bien ce qui était en train d’arriver. Elle découvrait ma détermination. De la violence ? De la bestialité ? De la folie ? Non. Qu’on nous laisse notre pureté, qu’on nous rende notre fraîcheur et notre innocence volée. Il nous revenait en bouche le goût du péché d’antan. De cet homme haché, de son sang purificateur. Un péché ? Un assassinat ? Non. Cet acte-là avait été notre rédemption. Tout comme chacune des punitions infligées aux princesses avaient été légitimes et apaisantes. Cet homme-là avait tué notre enfance. Papa m’avait déchirée. Faite femme, bien avant l’heure, hors de son rôle. Les princesses, méprisantes, insolentes, piétinaient le cœur pur de ma sœur. Et ces hommes. Ces hommes aux yeux caressants, aux mains douces, aux paroles assassines, blessantes, torturantes. Tous, ils étaient tous les inquisiteurs, les tortionnaires de notre vie angélique. Et nous deux, petites filles de douceur et de pureté, nous étions sans cesse humiliées, bafouées, torturées. Il fallait que cela cesse. Ils devaient payer.

Tous. Mourir pour nous laisser guérir. Ce n’était pas autre chose en bouche que le goût de notre liberté, de notre vérité intérieure. Nous, les deux sœurs, unies par les liens du sang, solidaires, inséparables. Paulette était un don du ciel. Paulette et son appétit vorace et prometteur. L’araignée cosmique. L’ouvrière acharnée de notre renaissance.

Patricia me comprenait. Tout comme moi, une paix, une force tranquille prenait enfin possession de nous.

-Oui, souffla-t-elle. Oui, c’est d’accord. On va le faire ensemble, je te le dois bien.

Cette fois -là, je n’ai pas envie de la raconter. Il a payé avec amour, il a payé pour tous les autres, longuement, sans pouvoir proférer le moindre son. Il a payé et c’est fini. Patricia et moi, unies par les liens du sang, pacifiées, purifiées.

L’odeur de l’automne, des feuilles pourrissantes, le parfum enivrant du bois, de l’humus, de la terre enrichie de nos trésors macabres. L’automne et sa saveur, si ronde au palais.

Patricia est plus calme maintenant. Elle respire la sérénité. Nous savons à présent que notre cycle est achevé. De retour à l’œuf, nous nous contemplons, miroir l’une de l’autre. Elle est en moi et je suis en elle. Complémentaires, suffisantes, repues. Nous n’avions pas besoin des autres, finalement. Ni d’une famille. Ni même d’amis. Juste nous deux. Au fond de nous règne la pureté de l’enfance retrouvée.

Egon Schiele

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