Carnet de transit – Carole Dailly -Dans le train

Je suis seule assise dans le train, encore à quai, quand mon attention est attirée par un homme tant il a du mal à ouvrir les portes coulissantes. Il peine, il force, il gémit. Il se recroqueville, tête baissée par l’effort. Il tremble tellement, j’ai peur que les portes de plomb ne se referment sur lui. Lorsque je réagis enfin, il accède juste au couloir et s’effondre aussitôt, sans arriver au premier siège. J’accélère et passe mes mains sous ses bras : « Appuyez-vous sur moi, Monsieur ! ».

Tout replié, il gémit d’une voix sourde et prend mon bras. Parler semble au-dessus de ses forces. Je l’aide à s’installer sur la banquette. A peine assis, il se déplie et éclate de rire, un beau rire à gorge déployée : « Vous, vous êtes une Bonne Dame ! C’est bien ! Vous venez avec moi à Lyon ? Là-bas je vous épouse ! »

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