Almanach Vermot 1932 : Cigares et cigarettes.

Dominican Cigars

La vogue des cigares est en décadence. Il y a plus de dix ans que cette décadence a commencé. Le cigare en effet est devenu un objet de grand luxe qui n’est plus à la portée que d’une minorité.

C’est d’Espagne que nos officiers et soldats rapportèrent le goût de fumer des cigares qu’ils avaient acquis pendant les campagnes menées dans ce pays sous le Premier Empire. Les premiers cigares n’avaient pas cet aspect engageant qu’ils ont acquis depuis lorsque, bagués d’or, ils sont soigneusement rangés dans une jolie boîte. Ils étaient grossiers, quasi informes et munis, à leur extrémité, d’un tuyau de paille ; c’était par cette sorte de chalumeau qu’on aspirait la fumée. Si primitifs qu’ils fussent, ces cigares n’en firent pas moins les délices des premiers amateurs et, en particulier, des dandys qui, le long des boulevards, les fumaient avec ostentation. C’est sous le second Empire que l’usage du cigare devint général, quoique Napoléon III lui eût toujours préféré la cigarette.

Chose curieuse, celle-ci fut introduite en France, tout comme le cigare, à la suite d’une guerre. C’est en effet en Crimée que nos soldats apprirent des Russes à rouler du tabac dans de minces feuilles de papier. Avant les guerres d’Espagne et de Crimée, nos troupiers ne connaissaient que la pipe, la populaire bouffarde, qu’ils avaient triomphalement promenée à travers l’Europe.

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