Juin au zénith -Gilles Compagnon

Juin au zénith
calcine fleurs feuilles
semis levés
légumes hâtifs et fruits

Déjà la résine engomme
l’écorce des troènes nus
et des pelés conifères

La cerise se confit
plus tôt sur l’arbre
et recroqueville alors
d’acides alcoolisés
ses boutons au parfum
de kirsch à peine distillé

Juin au zénith
fait entrer la drosophile
au frais de la maison
et l’ailé bourdonnant
se fracasse à la vitre
en un tournis infernal

Abeilles et guêpes
se gavent la panse
de guignolet suçant
à la momie de burlat
les derniers sucres
enrobés aux noyaux

Juin au zénith
convoque
quelque orages
des grêles
d’averses locales
très parcellaires

Ainsi le moineau peut
se désaltérer le gosier
les pattes remuantes
et son secoué d’ailes
singulier s’ébrouant
dans la flaque.

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