Quand je me penche vers ta fenêtre – Gilles Compagnon

Balbutier tout folâtre ce cœur aéronef

se branche un plâtre où se panse la nef

Corps-valse incendiée t’as mis le feu dans mon être

tout s’en va sous mes pieds et penche à ta fenêtre

La vie brûle, consume sa chandelle
vigie d’argile ou phare de juste sève

s’emportent au large tant de sucrés fruits

on réduit en poudre fine la farine des noyaux

La machine d’âge enroue

quelqu’engrenage quelque nuance de forme

quelque parure en fond de cale du rafiot dépité

On s’ébroue le reste de calvitie et la route repart de plus belle frisure

assise à son volant klaxonnant

On a la fibre voyageuse sur nos semblants filandreux
chemins buissonniers.

Au vent sinueux d’un saccadé frisson

le pissenlit s’ébarbe

une corole de coquelicot s’envole

Il est grand temps de souder les suintantes charpentes de nos os brisés

de signer aux vagues de mer un va-tout revigorant

S’échouer au delta
de perdues racines
de longs rhizomes pétrifiés

nos voulus toujours ciments de ramure

notre silence gracile et vissé d’amour

Plus question que les moteurs ne flanchent

Déjà s’élève plein ciel la tour vacillante d’étincelles;

cette cathédrale dérivant sur ce qu’il nous subsiste aux poumons du cœur

aux langues amères de reptile sifflotant

de capital

Tout s’en vient
sous mes pieds

quand je me penche
vers ta fenêtre

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