Gilles Compagnon – Mes mots

Mes mots si peu nombreux

dans ma tête

sont, de guingois posés,

mes meubles bancals,

sans mobile apparent…

J’ignore comment ils s’articulent

Comment leurs pieds les tiennent

en équilibre,

comment ils se tentaculent le pas,

l’huis, le sas, le rangement.

D’autant que je ne les compte pas,

n’ai pas le sens

éminemment mathématique.

SEULS

m’intéressent

leur semblant de musique

et leur libre chant,

leur contre-colère

ou leur pour-tendresse…

Ce sont mes vieilles nippes

de claudiquant vieillard sur le tôt

Ils m’habillent

si je les enfile ;

si je les porte

à la lèvre de ma bouche,

Si je leur aspire la peau

Si je leur offre une caresse

par le peu de ma langue

que je connaisse

et que j’utilise.

Je suis un aveugle contemplatif

et m’émerveille

par le sentir et par l’oreille…

J’aime à les toucher

de l’odeur et des doigts.

Je suis dans le blues permanent,

un jazz vocal

uniquement improvisé,

la mélodie désolée,

un contre-temps

partiellement suspendu,

Suscité, ressenti, supplétif,

amoureusement…

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