Vincent Germani – Des Dieux

Les dieux meurent quand même. Il y aurait insulte à ne pas les ensevelir sans tambours, sans une cour, sans révérences, sans grands bruits ; on l’a compris, ils vivent adossés à l’Olympe. Jupiter qui y trône adore ses rejetons. Monter tout là-haut, gravir le mont bleu, par ruse, par désir, en osant tous les méfaits ou à la simple faveur du vent, qu’importe : y accéder, de facto, c’est recevoir toutes les louanges. Ils veulent notre admiration. Quand ils décèdent, chaque pleur compte. Nous sommes les accessoires du spectacle de leurs vies, noces, célébrations et donc, funérailles. Je ne suis pas clair dans ma remarque – demander justice, quelle justice ? Dans l’ombre de qui ? – mais ils sont monstrueux. Ils avalent toute la lumière. Leurs vies, leurs morts sont les meilleures au point qu’il faille nous les raconter. Contemplez-nous, aimez-nous sans conditions. Quant à vous, vivez, passez, mourez mais sans trop de clameurs s’il vous plaît. On vous préfère docile et doux.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s