Jean Diharsce -Postpartum…


Le monde est là, autour, et je le vois se tordre, peau de chagrin, se réduire soudain à l’inhumanité érigée en système et à un fatalisme d’un tout venant subi devant l’inéluctable. Ce monde a mal de nous et des enfants qui meurent. De la terre appauvrie, des rivières asséchées, De l’air que l’on réduit en formules chimiques. Des insultes prônées en guise de discours. De la pauvreté d’âme de toutes certitudes. Du sang séché partout, ou qui s’écoule encore, au nom de fanatismes que nous avons semés.
Et je vois tout cela, lorsque parfois mon monde s’arrête à ma fenêtre, que je n’ai plus de beau à mettre sur mes mots et que le doute en moi fait plus que nécessaire, me laissant grise mine et goût de barguigner. C’est alors que je sais combien j’ai de la chance de prolonger la mer dans mes chaloupes mots, de pouvoir me rêver quelques matins magiques, de ponctuer parfois de superbes révoltes, d’envolées fraternelles et d’émotions intenses le temps qu’il reste à vivre. De tenir une main.
J’en sais dès lors tout ce qu’il faut en faire. Blottir en moi et contre l’autre le beau et la tristesse. M’émerveiller encore de cet amour trouvé et toutes ses fenêtres, apprendre à y répondre. Y puiser d’autres forces pour mieux les redonner. Et repartir au monde pour un peu l’arrondir, chuchoter lentement des mots d’ordre de vie, des consignes incertaines de faire pour le mieux, ensemble et en partage. Dans la fraternité chaude des petits colibris.

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