Janine Martin-Sacriste -Elle l’appelle le chien.

12 février 1944

Elle l’appelle le chien. La guerre lui a fait oublier son nom. Ce nom donné par Fulbert, le maître aimé du chien. Fulbert, son mari, disparu entre Alger et Blida. Les gens du Renseignement muets.
Les enfants, Hélène et Jean-Claude pleurent devant l’assiette de rutabagas sans beurre
le lit vide, la boîte à lettre désertée, les bottes des allemands scandent la terreur sur le trottoir de la nuit.
Dans le coffret à bijoux, vidé par le marché noir, il ne reste que deux tickets de rationnement.
Marie est dévastée par le chagrin, la peur, la faim. Si une bouche disparaît, une gueule si elle a la force si elle trouve les cartouches…
Le fusil de chasse est toujours accroché sur le mur de l’entrée, Marie s’en saisit, tire, le chien qui n’avait déjà plus de nom est mort devant son écuelle vide.
Demain, avant que les enfants ne se réveillent, elle ira le porter en terre, au Breuil, là où toute la famille se réunira après.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s