Gilles Compagnon – Il semblerait qu’on se ressemble hélas…

Quelquefois ébloui
par l’immense clarté
que me renvoient
vos ténèbres intimes,
vos hontes pesantes,
vos mépris contenus,
vos tourments élus,
vos chairs meurtries,
vos mots tus
ou à peine audibles,
vos transes mâchées,
vos paresses reclues,
vos silences rugueux,
vos emportements
embusqués,
vos muscs palots,
vos passives rages,
vos cœurs vides
assis au pied
du mur
que vous vous êtes
souvent savamment
sagement construits,

j’avance feu éteint
en vos noirs
frileux
flamboyants
ruisselants
vos crues,
vos crachats,
vos acides,

pour mieux
vous sentir,
vous toucher
et me faire
de vous
toute l’idée
que mes doigts
révèlent,
dessinent
ou
contournent
ou
taisent
ou
laissent
d’empreintes
dociles
et lentes
à vos corps
défensifs
et ainsi
offensés
par mes soins
d’osé investigateur
en vos paraitre
en vos allures
en vos fêlures
griffées,
égratignées,
en jachères
farouches,

bref
en vos noirceurs
lumineuses
de formes,
tout au fond
de vos corridors
étroits
sans réelles
consistances
circonstanciées…

et là
ici précisément,
où il n’y a
rien à voir,

je vous devine
à la juste dimension
du néant le plus vaste,

et je me dis alors
en votre proximité,
me mirant à vos glaces
que ce monde,
tout autour, est petit !

Il semblerait
qu’on se ressemble
hélas…

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