Le cinéma de Philippe Guillaume : La grande évasion de John Sturges (1963)

Après avoir été tour à tour surestimé et mésestimé, John Sturges est aujourd’hui sous-estimé. Et pourtant ! Pas de conversations entre aficionados du western qui ne fassent référence à  » Règlement de comptes à OK Corral « , » Le dernier train de Gun Hill  »     ou,  » Les 7 mercenaires « .  

Et  » La grande évasion  » ? Un film commercial, une grosse machine des sixties, un défilé de stars, qui, avec le temps, est devenu un classique ! Pour le grand public, l’archétype du film de guerre ce n’est ni  » Les nus et les morts  » ni  » Le temps de la colère « (pour ne citer que ces deux chefs-d’œuvre !!) mais cette superproduction tant de fois diffusée sans que nous nous en lassions.  L’exploit des évadés du stalag Luft North relève de l’épopée et reste une belle illustration du mythe de Sisyphe.

On connaît la fin ! Charles Bronson et James Coburn sortent seuls indemnes de l’aventure qui a coûté tant d’efforts ! Pour Steve Mc Queen c’est le retour au  » frigo « , à la case départ. Opiniâtre et indomptable, encore plus déterminé, il n’y restera sans doute pas longtemps !

Tout ça pour rien ? Non ! Pour une certaine idée de l’homme ! Dans ce camp, pas de traître comme au  » stalag 17  » de Billy Wilder, tous solidaires derrière Richard Attenborough !     

Visuellement, c’est superbe, le camp est situé au cœur d’une splendide forêt et les évadés traversent la Suisse et la Bavière. Dans un cadre bucolique, en bordure d’eau, cafetiers père et fils incarnent la résistance française, ils ont l’élégance et le phrasé net de la  » vieille France  » vue par Hollywood. Trois Pernod pour les fridolins et douze balles dans la peau en guise d’amuse-gueule.

La course à moto de Steve Mc Queen est bien plus qu’un morceau de bravoure. Au sein d’espaces grandioses, primitifs, westerniens, comme détachée du contexte, elle devient une allégorie de la cavale.

Ample et lyrique, la musique d’Elmer Bernstein donne à coup sûr envie de se faire la belle ! Comme disait Antoine Blondin :

 » Nous prendrons un jour des trains qui partent « .

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