Pascal Depresle – Sauf le temps du voyage.

Il allait faire beau et encore trop chaud sur la Terre des Hommes.
Le tissu de la serviette appliquée sur sa peau donnait le signal du départ. Demain, il serait loin, du moins ailleurs, son éternel calepin à la main, à courir des cachets qui, si le grand public savait, sonneraient la fin du prestige de ses clients.
La besace fermée, sac sur le dos et son vieux Stetson vissé sur son crâne luisant de crème bien étalée, aux odeurs de cette enfance qui n’en finirait jamais de lui coller à la peau, comme le nylon s’incruste dans les chairs d’un grand brûlé, il leva le camp, effaçant du mieux qu’il le pouvait les traces de son passage.
Mais l’Homme, aussi discret soit-il, n’est qu’un amas organique lancé vers l’inconnu du temps de son parcours.
Seule la fin est fin.
Le reste n’est que remplissage.
Sauf le temps du voyage.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s