Thierry Mathiasin – Tant de poèmes…

Tant de poèmes assoiffés de rencontres,
une main tendue entre le soleil et le désastre
Il n’y aura jamais assez de langues,
de mots pour ouvrir les chemins,
de lèvres gourmandes sous les cris pour saisir la porosité des corps, assécher l’ombre qui entrave ses cascades
J’écris pour dire à elle là-bas,
que ma barque attend ses yeux
pour regarder, derrière l’horizon de solitude,
le rivage qui attend sa vague,
l’écume suspendue dans l’envergure des oiseaux pour abattre les frontières du vivant
Tant de temps étirés, compressés, où s’égouttent les nuits, la folie du vent et toutes ces choses qu’on se précipite d’aimer pour ne pas avoir à se dire qu’elles auraient pu ne pas avoir lieu
Il n’y aura jamais assez de rêves, de tendresses devinées pour apaiser le sang qui éclabousse le lit des rivières, de racines séditieuses pour dompter les crues
J’écris pour dire qu’il se fait déjà tard,
les pierres à force d’arracher à leur longévité ma fraîcheur de lavandière, ont fini par prendre la forme de mon effroi,
que même si le ciel a pansé mes blessures, mes mains fouillent encore la terre pour trouver l’ardeur des saisons
Tant de poèmes pour tenir la mort à distance,
peindre un sourire sur les peines, vider ses dernières ressources dans la mare des jours malades, parler aux bovins des pâturages où j’ai délaissé ma peau sur la carcasse des spleens, la voix blessée des sources où je ne connaîtrai même plus la douceur des pluies, mais une vie de labeur pour broyer la cendre.

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