Les os de mars – Gilles Compagnon

toute contestation
en ce pays
est vouée à la prison
ou au silence

des os de mars
occis couchés
abandonnés
sur la route
sur le chemin

sans nom
ni arme ni âme

les cris les pleurs
les déchirures
les déstructures

les grandes eaux
asséchées

Des os déposés
en l’ornière laissée
des chenilles
os écrasés décharnés
sous les chars

os au mitan d’oasis
de lambeaux de vie
entre des blessés
survivants…

Médiateur improvisé
d’où que tu viennes,

roulé brassé
dans la farine,

parle toujours
tu m’intéresses…

Les soit-disantes
démocraties,
par les siècles

à coup de lasses
insensées guerres

n’ont su
que « squelettiser »
le monde…

Les os de mars

Tout revient toujours
comme une mode
un us une tradition

les hommes
les femmes
les enfants en ce mars

désossées, les moeurs,

in fine sans fin !…

Excusez-moi
d’écrire ceci.

Humble parmi eux,
humain sensible
démuni seul
sans solution,
d’oser le dire
assis sur ma chaise
à observer le cataclysme

quelque part
de mon espèce
d’homme,

en ma conscience,
en ma mémoire viande
de chair et d’os,

j’ai honte !….

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