La voix des poètes- Non à la guerre ! Brigitte Parraud –


Elle est morte
aux petites heures de la nuit
aux portes de la ville assiégée
elle n’a pas crié
elle n’a même pas pleuré
elle a regardé son sang couler
et elle est tombée
docilement
doucement
sur l’asphalte défoncé
en pensant
qu’elle avait oublié
ce matin
de dire à son amoureux
qu’elle l’aimait
et qu’elle portait son enfant
et elle s’est dit
tant mieux au moins
il ne pleurera pas son enfant
ce sera moins dur pour lui
il ne pleurera que moi
et puis plus rien
elle s’est écroulée
par terre
elle n’a pas vu sa ville éventrée
ni sa maison anéantie
pour toujours
endormie.
C’était
sa dernière nuit…

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