Julie Ladret – Poésie

J’aimerais me démembrer du souvenir comme un vieillard ivre sur son bateau. 
A tanguer saoul entre oublieux et oubliés, bien gantés ou enchaînés à la vaste proue de mon glauque silencieux. Pam! 
J’ai troué Mobidic d’un seul vœu, celui de n’être plus qu’un tronc où gravent les cœurs de leurs cœurs sanglants et volatils tels des harpies aux cris de sirènes. 
J’aimerais, Petite Mousse d’écume, voguante et chantante à fleur de côte, j’aimerais me démembrer du souvenir. Lâcher, dans la houle, les bras et les mains qui les retiennent au vide, 
Sombrer mes jambes et mes pieds lentement dans cette eau légère et futile, sans marcher sur le remous.

J’aimerais devenir cet autre que je suis, végétatif, 
cet ailleurs où je vis, contemplatif. 
Y prendre racines, branches et nichées de fruits.

Petite mousse d’ensablage, ne crois pas que cela soit folie, je suis au-delà du raisonnable, 
cela s’appelle la démembrance.
D’avenir, tu sauras.
La remembrance, ça, c’est de la pure démence,
d’aller repêcher des bras morts, des pieds beaux, des mains grises et des jambes repliées sur un foetus, 
Ça, c’est de la démence, d’exister par le passé !

Julie Ladret

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