Serge Granjon – le sacré coeur stéphanois – le regard sur la ligne bleue de Prusse


« Nous ne sommes pas au pouvoir mais au combat «, clama Gambetta au lendemain du 4 septembre 1870. Légitimée par l’anéantissement de l’Empire à Sedan, la jeune République se sentait condamnée à vaincre ou à périr.

Et le pays revécut les transports d’une lame de fond, emporté par le souffle de 92 : « Citoyens, au nom de la Patrie en danger… ». Comme tant d’autres, de ville en ville, le conseil municipal stéphanois décida « la garde nationale serait immédiatement organisée et armée «. César Berthelon, le préfet de la Loire, surenchérit par un arrêté instituant un comité de défense locale, d’abord composé de trois membres… Sa mission consistait à interdire à l’ennemi la prise de la ville et des environs, de n’importe quelle façon.

UNE MITRAILLEUSE A VAPEUR

C’était, sans plan préconçu, l’aveu d’un désarroi confirmé les jours suivants : « Tous les citoyens qui auraient des projets ou moyens de défense à exposer pourront s’adresser à la préfecture «. Dans le même temps l’invasion progressait : les Prussiens parvenaient à Versailles.

Refit alors parler d’elle l’arme fétiche des troupes françaises : la mitrailleuse, vantée à la veille de la guerre, dans l’illusion de victoires faciles.

« Le Figaro « du 15 septembre apprit à ses lecteurs l’essai d’un modèle à vapeur tirant 12000 balles minutes.

De son côté « Le Mémorial de » la Loire « fit savoir que le 16 septembre, Jules Garnier, l’ingénieur stéphanois de la rue de Paris ( Wilson de nos jours ), le découvreur du nickel en Nouvelle Calédonie, expérimentait une mitrailleuse semblable à l’usine du Marais. Avec succès selon ses dires, après trois semaines de mise au point. Ce patriote, qui recruta à Saint-Etienne un bataillon de volontaires du génie, à la tête duquel il fit campagne, ne pouvait être suspecté de fanfaronnade.

Mais son invention risquait d’être jugée insignifiante, au moment où la garde nationale sédentaire, chargée de défendre la ville, manquait d’abord…de carabines. Une première commande en serait adressée par la municipalité à tout fabricant d’armes qui en ferait la demande.

Il fut aussi prévu un recyclage de bric et de broc : débris divers de pétoires, fournis par des particuliers. De surcroît M. Michalon, au 4 de la rue du Marché ( rue Camille Collard de nos jours ) adaptait en moins d’une demi-heure, sa hausse volante, au secours même d’une arquebuse lunatique.

C’était assez pour que chaque citoyen se laissât convaincre qu’en lui sommeillait un tireur d’élite.

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