
Ecrire, laisser un peu de soi sur la page blanche, tout dire et si peu dire a la fois, l’essentiel du message tient en peu de mots finalement, mais Ecrire, pêcher les mots dans un vivier imaginaire, livrer leur force, leur quintessence, leur sonorité et voilà que la plume s’envole vers un autre ailleurs, un autre espace temps, vers tous les possibles, tous les transfuges, à la recherche de l’universel, de l’intemporel, à la recherche du miracle de la Poésie…
Ecrire, comme un voyage
Lever l’ancre, se laisser emporter par le flot des mots qui font cortège et qui s’esquivent à chaque instant. L’écriture prend le départ. Les vagues messagères s’enflent peu à peu, soulèvent et plongent l’embarcation jusqu’à des profondeurs inouïes, aux confins de l’émotion.
Face à l’immensité, rejoindre le cap.
Commence alors l’aventure.
Soudain les cordages se tendent, la charpente craque, l’eau submerge le pont qui s’enfonce Une opiniâtre lutte de survie s’engage. Le temps paraît une éternité. Quelle en sera l’issue ?
Alors, dans un rebond, la coque et le gouvernail se redressent. Un vent porteur se lève et gonfle les voiles. Obstiné, le bateau reprend sa route. Cap maintenu !
L’écriture s’accomplit.
Bien sûr, surviendront les tempêtes, les naufrages mais aussi les levers de soleil, les ciels étoilés.
Au large, s’ouvriront les espaces de liberté, de renaissance, les lieux de rencontre mais aussi d’incertitude et d’abandon,
Bien sûr, le bateau reviendra faire escale au port pour repartir bientôt jusqu’au bout du chemin, il en connaît le prix.
Partout, l’horizon.
Aurore Bessy